Passionné par mon métier de peintre électricien, mais aussi et depuis toujours par la musique, le son et l’image. Je suis toujours en recherche du fonctionnement parfait des systèmes et d’une restitution tout aussi parfaite du son et de l’image.
Pour atteindre cet objectif, et hormis le choix du matériel en lui même, de nombreuses étapes s’avèrent nécessaires, voici un article sur l’une de ces étapes, l’alimentation électrique 220 volts dédiée hifi home cinéma

A l’instar de l’essence qui permet à un moteur thermique de fonctionner, le courant électrique est le carburant qui permet à un système hifi ou home cinéma de fonctionner.
Comparativement à la durite d’essence située entre le réservoir et le moteur de votre voiture, nous parlons ici de la ligne d’alimentation électrique 220 volts située entre le tableau électrique et la prise qui alimente en courant électrique votre système hifi ou homme cinéma.
Si cette liaison est de mauvaise qualité, mal proportionnée ou les raccordements défectueux, le parfait fonctionnement de votre moteur ou de votre système audio vidéo ne pourra être atteint.
Impact de la ligne électrique sur la qualité sonore et visuelle
Très souvent, nous branchons notre système sur la prise 220 volts la plus proche, et cela sans trop se soucier si celle-ci est la première ou la dernière de plusieurs prises câblées les unes à la suite des autres. Cela sans trop se soucier non plus de la qualité des conducteurs utilisés lors de la construction, du nombre de ceux ci dans les gaines et du cheminement de ces dernières dans les murs, dalles ou planchers.
A cela s’ajoute généralement tout un bric à broc et boules de fils qui s’entremêlent et s’entrecroisent à l’arrière des tableaux électriques.
Au final, nous sommes là en présence de tous les ingrédients nécessaires à de mauvais contacts, courants induits et autres parasites haute fréquence émis par les appareils électriques environnants qui viendront impacter le fonctionnement de votre système, induire du jitter, générer du souffle et réduire la définition et la scène sonore.
Pour compenser ces phénomènes, de très nombreuses solutions existent, des plus simples au plus complexes, des plus accessibles au plus onéreuses : Filtres secteur, câbles secteur, barrettes secteur, conditionneurs secteur, remplacement des blocs d’alimentation d’origine de vos appareils, ajout de blocs d’alimentation linéaire externe, etc...
En fonction des systèmes, n’en doutez pas, toutes ces solutions ont une véritable efficacité, et en certains cas celle-ci est même vraiment surprenante.
Mais revenons à notre comparaison entre moteur et système hifi… ces systèmes de compensation et d’amélioration du courant, très souvent coûteux, vous les mettez où, côté moteur ou côté réservoir ?
Je poursuis mais je pense que vous avez déjà tout compris, sans une durite d’essence efficace, capable d’amener un flux de carburant propre, régulier et à la bonne pression jusqu’à votre moteur, et cela quelque soit le matériel que vous pourriez ajouter côté moteur ou côté réservoir, cela ne changera pas grand-chose, si votre durite n’est pas bonne, votre moteur ne fonctionnera pas bien.
Concernant le fonctionnement de votre matériel hifi ou home cinéma, c’est exactement pareil. Sans une ligne électrique capable d’acheminer un courant électrique propre, une ligne correctement installée et dimensionnée par rapport à l’usage, votre système ne fonctionnera pas au mieux de ses capacités.
Désordres possibles d’une alimentation électrique domestique courante
Avant d’aller plus en avant et pour mieux comprendre ce qui pourrait empêcher votre système de fonctionner pleinement en le branchant sur une prise d’usage domestique, je vais faire état des problèmes régulièrement rencontrés sur ce genre de prise et son alimentation électrique.
a) Problèmes de faux contacts
Très souvent rencontrés au niveau de la prise, il s’agit de fils desserrés, ou parfois même mal serrés depuis le départ.
Les causes d’un desserrage sont multiples :
- Vous tirez parfois sur le fil de l’aspirateur, la prise n’est plus correctement fixée au mur, les conducteurs bougent à l’arrière et se desserrent.
- Votre prise se trouve au niveau d’une cloison, la porte claque parfois, des micros vibrations se répandent dans la cloison et dans la prise, au fil du temps les fils se desserrent.
- Votre prise se trouve sur un mur ou un doublage vers l’extérieur, l’isolant derrière la prise est parfois (même très souvent) réduit, des problèmes de condensation ou d’humidité peuvent s’installer et des problèmes d’oxydation survenir.
Dans tous les cas, fils desserrés ou mauvaise qualité de contact entraînent systématiquement des problèmes d’amorçage. Dans un premier temps, et hormis les parasites que cela génère sur l’alimentation, cela réduit la fluidité et la régularité de l’alimentation en courant, et à terme, entraîne un risque d’incendie.

La norme actuelle autorise jusqu’à 8 prises électriques murales sur une même alimentation depuis le tableau électrique.
Alors sans même encore évoquer la qualité matériel de chacune de ces prises, imaginez ces 8 prises câblées les unes derrière les autres, chacune avec la probabilité d’un micro dysfonctionnement, et surtout… votre superbe système branché sur la sixième, la septième ou pire encore sur la huitième… au final, vous récupérez ou vous entendez sous forme de bourdonnement ou ronflette, la somme des six, sept ou huit micro dysfonctionnements.
Tout à l’heure, j’évoquais le bric à broc souvent situé à l’arrière des tableaux électriques, le plus souvent des fils qui arrivent depuis le plafonds, qui bouclent derrière le tableau pour venir se raccorder sous l’un des disjoncteurs. Le même problème existe lorsque les fils arrivent du sol et remontent à l’arrière des rangées de disjoncteurs.
Là aussi et pour pratiquement les mêmes raisons qu’évoqués pour les prises, des faux contacts peuvent survenir, et cela en amont ou en aval de chacun des disjoncteurs, fils qui se desserrent et qui au fil du temps créent du micro amorçage.
b) Problèmes de parasitages
Chacun des appareils électriques que nous utilisons, réfrigérateur, four à micro onde, machine à laver, sèche cheveux, ordinateur, etc. est susceptible de renvoyer sur le réseau un minimum de micro perturbations. Il peut s’agir d’une baisse de courant au démarrage d’un moteur ou d’un équipement de forte consommation, il peut au contraire s’agir d’un pic de courant à l’arrêt de ces mêmes équipements.
Pour différentes raisons, dont ceux du coût de fabrication et de la miniaturisation des appareils, les fabricants utilisent de plus en plus d’alimentation à découpage pour faire fonctionner les appareils que nous utilisons quotidiennement, box internet, chargeur de portable, téléviseur, etc. Lorsque ces alimentations sont correctement conçues, peu de problèmes surviennent, dans le cas contraires et par action de commutation élevée des dispositifs de commutation de puissance interne, ces alimentations sont la cause d’interférences électromagnétiques (EMI) qui affecte les circuits électriques par induction électromagnétique, couplage électrostatique ou conduction.
A ces interférences électromagnétiques (EMI), et de part l’usage sans cesse grandissant de matériels (sans fils), s’ajoutent également les interférence radioélectrique (RFI) qui se situent dans le spectre des radiofréquences.
Au final et par conduction directe ou par induction électromagnétique, l’ensemble de ces phénomènes de parasitage se diffusent sur l’ensemble du réseau domestique, le sinus du courant secteur de 50 Hertz ne se présente plus vraiment sous une forme idéale, le 230 volts réseau devient une promesse parfois difficile à tenir, si bien que chacun des appareils compense ou amplifie à son tour les phénomènes, contribuant ainsi à la perturbation du fonctionnement des autres.
c) Problèmes de câble et de passage de câble
Hormis la qualité des fils utilisés lors de la réalisation de l’installation électrique (très souvent le moins cher possible), le problème est surtout lié aux phénomènes d’induction qui se créent lorsque des conducteurs sont trop proches les uns des autres.
Ce qui est toujours le cas dans une installation domestique puisque les conducteurs sont des monobrins, passés ensemble et sans blindage dans des gaines communes. Ces gaines généralement coulées dans les dalles les unes à côté des autres, souvenez vous aussi du bric à broc qui se trouve dans votre tableau électrique.
Tous ces conducteurs agissant chacun comme une antenne qui récupère les perturbations issues des conducteurs voisins, et d’autres part en renvoie tout autant, ce qui forcément génère un bruit sur le réseau, et s’entend dans vos hauts parleurs… bruit de ronflette et même parfois des Poc et des Cloc que vous entendez lorsque vous allumez telle ou telle lampe.
A toutes ces sources de perturbations, il peut aussi s’ajouter une mauvaise qualité du matériel utilisé dans l’installation comme de mauvaises solutions de câblage, mais des solutions existent et sont détaillées dans les paragraphes suivants.
Solution d’alimentation 220 Volts efficace pour la hifi home cinéma
De manière évidente et plus vous produisez des améliorations en début d’une chaîne quelconque (ici l’alimentation électrique de votre installation Hifi Home Cinéma), plus l'influence sur l'ensemble des systèmes qui suivent est grande.
Le choix et la qualité des différents éléments ainsi que le soin portée à la mise en œuvre de l'alimentation électrique auront donc systématiquement une incidence bénéfique sur la vivacité de réponse et les qualités sonores et visuelles de votre système .
Selon l’importance de votre système, le nombre d’éléments constitutifs, la puissance de vos amplificateurs, le nombre de vos enceintes et le niveau de qualité de fonctionnement souhaité, une ou plusieurs lignes dédiées peuvent être envisagées.
- Une seule alimentation sera un apport significatif.
- Deux alimentations permettront de dissocier faible et forte puissance, ou bien de dissocier les sources analogiques et numériques.
Si seulement deux lignes sont mise en œuvre, des tests seront à faire pour le raccordement de l’amplification sur l’une ou l’autre des alimentations. - Trois alimentations est un idéal pour les systèmes complexes et hauts de gamme, une ligne pour l’alimentation des sources analogiques (platine disque, préampli), une ligne pour les appareils numérique (DAC, Streamer) et une pour l’amplification… même deux si vous avez la chance d’avoir deux gros blocs mono.
La protection de l’alimentation hifi Home Cinéma
Comme nous l’avons évoqué plus haut, de nombreux fils et disjoncteurs sont déjà présent dans votre tableau, ce qui forcément, génère très certainement des courants induits dont il est utile de s’éloigner.
De plus, il est assez exceptionnel d’intervenir sur un tableau offrant des espaces permettant l’ajout de modules complémentaires.
Le plus simple et l’idéal est donc de repartir du disjoncteur abonné EDF et d’ajouter un petit tableau complémentaire dans lequel se situeront tous les dispositifs de protection dédiée à votre système.
Pour chacune des lignes et selon la norme C15-100 qui fixe la réglementation des installations résidentielles, deux dispositifs sont absolument indispensables.
- Un dispositif pour la protection des personnes, c’est la protection différentielle.
- Un dispositif pour la protection contre les courts circuits et les surcharges électriques, c’est la protection magnéto-thermique.

1) La protection différentielle (protection des personnes)
Le disjoncteur différentiel ou l’interrupteur différentiel est un dispositif qui détecte les courants de fuite. Cela peut arriver lorsqu’un fil se dénude à cause d’une vibration (par exemple dans votre machine à laver) et vient toucher l’enveloppe métallique.
Votre machine à laver continue de fonctionner, mais si vous la touchez, et comme le courant prend toujours le chemin le plus court, il trouvera plus simple de passer par votre corps pour rejoindre la terre. Pour éviter l’électrocution, c’est là qu’intervient le différentiel, il détecte ce que l’on appel le courant de fuite, un courant qui s’échappe du circuit normal et coupe instantanément le passage du courant sur la ligne concernée.

Cette protection différentielle est calibrée à 30mA, cette information détermine une quantité de courant qui ne doit pas être dépassé au risque d’être mortelle. Elle fixe le seuil de coupure du disjoncteur.
Cet appareil doit être installé juste après le disjoncteur d’abonné (ou disjoncteur EDF), qui lui aussi permet la détection des courants de fuite, mais cette détection est calibrée à 500 mA ce qui ne permet pas la protection des personnes.
Comparativement à un interrupteur différentiel qui est un simple interrupteur ON/OFF qui intègre la détection de fuite, le disjoncteur différentiel assure en plus une protection magnéto/thermique de la ligne.
Selon les fabricants, diverses abréviations correspondent à ces appareils.
En France, nous entendons souvent parler de DDR (Dispositifs Différentiels Residuels).
C’est un terme générique qui évoque la protection différentielle dans sa fonction de détection de fuite de courant mais sans faire la distinction entre disjoncteur différentiel et interrupteur différentiel.
Sur certains différentiels, vous pouvez aussi voir inscrit RCB ou RCD (Residual Current Breaker/Device), c’est tout simplement l’équivalent de DDR.
Sur d’autres modèles, la nomination est beaucoup plus précise, vous pouvez voir :
- RCCB ( Residual Current Circuit Breaker ), ce qui précise que c’est un interrupteur différentiel.
- RCBO ( Residual Current Breaker with Overcurrent ) ce qui précise que c’est un disjoncteur différentiel avec protection contre les surintensités
Ces distinctions sont vraiment très importantes, car si vous installez un unique RCB – RCD ou RCCB en tête de votre ligne, il faudra systématiquement ajouter derrière une protection magnéto-thermique.
Plusieurs types d’interrupteurs et de disjoncteurs différentiels existent :
Le type AC - Détecte uniquement des courants différentiels alternatifs sinusoïdaux
Encore utilisé en France pour la protection des circuits communs, des circuits dédiés à l’éclairage et des prises électriques, mais déjà interdit dans certains pays et remplacé par le type A.
Le type A - Détecte des courants différentiels alternatifs sinusoïdaux et des courants différentiels continus pulsés.
Utilisé pour protéger les circuits spécifiques, pouvant induire un courant de fuite ou composante continue : appareils électroménagers (machine à laver, plaque de cuisson), prises de recharge de véhicules électriques, etc.).
Le type F - Détecte des courant différentiel-résiduel composés et courants différentiels résiduels continus pulsés superposés sur un courant continu lissé entre phase/neutre ou entre phase et conducteur milieu mis à la terre.
Utilisé pour protéger les circuits comportant des variateurs de vitesse monophasés et protéger des équipements tels que les climatiseurs, les pompes à chaleur, les machines à laver, ou encore les robots ménagers.
Le type B a les propriétés du F, du A et du AC et convient plus particulièrement pour des installations triphasées.
Concernant la protection différentielle d’une alimentation spécifique à votre matériel Hifi Home Cinéma, un interrupteur ou un disjoncteur différentiel de type A ou F peut convenir.
2) La protection magnéto-thermique
Cette protection consiste à surveiller les lignes électriques contres les surcharges et les surintensités, elle est assurée par les disjoncteurs magnéto-thermique.
Ces dispositifs combinent deux mécanismes de détection, l’un magnétique et l’autre thermique.
Le dispositif de détection magnétique protège contre les courants de court-circuit, les courants d’appel et de surintensité.
Le fonctionnement est représenté dans le schéma ci-dessous. Une bobine détecte le champ magnétique créé au passage du courant, lorsque l’intensité de ce champ magnétique dépasse un certain seuil, la bobine fait déclencher le disjoncteur.

Le dispositif de détection thermique protège quant à lui contre les surcharges.
Le principe repose sur un bilame dont la dilatation va rester stable lorsque la quantité de courant qui le traverse reste sous le seuil de consommation pour lequel il a été prévu.
Lorsque la consommation de courant dépasse ce seuil, la température du bilame augmente, provoque une dilatation du métal supérieure à la normale et déclenche le disjoncteur.

Chaque disjoncteur magnéto-thermique est donc calibré en fonction de la consommation des appareils qu’il protège, 2A, 10A, 15A, 20A et plus selon le cas.
Deux notions sont également très importantes pour le calibrage des disjoncteurs magnéto—thermique, l’une définie son pouvoir de coupure et l’autre sa courbe de déclenchement.
a) Le pouvoir de coupure
Imaginez ce qui se passerait si en cas de court-circuit les contacts de votre disjoncteur venait à se souder plutôt qu’à couper le courant, c’est cette notion de "solidité ʺ, de résistance aux chocs et aux arcs électriques que matérialise le pouvoir de coupure.
Il exprime le courant maximal que peut interrompre le disjoncteur avant que celui-ci subisse des dégâts qui ne lui permettrait plus d’assurer sa fonction. Le pouvoir de coupure s’exprime en Ampère, en France il ne doit pas être inférieur à 3kA et peut ensuite aller de 4,5kA à 6 kA pour les installations résidentielles.
b) La courbe de déclenchement
Elle définit le degré de sensibilité du disjoncteur. Certains appareils comme des moteurs ou des amplificateurs nécessitent, sur quelques millisecondes, une plus forte consommation au démarrage. Un disjoncteur de courbe D acceptera ce pic de courant temporaire alors qu’un disjoncteur de courbe B coupera immédiatement le courant.
Les courbes les plus communes sont les courbes B, C et D.
Sur certains disjoncteurs produits à l’étranger, notamment sur les disjoncteurs "Carling Technologie ʺ il sera question de "Hi-Inrush ʺ, ce qui correspond à la courbe D.
Courbe de type B : Elle supporte un courant d’appel qui est de 3 à 5 fois le courant nominal. Principalement utilisée pour les charges résistives qui s’allument en douceur comme les circuits d’éclairage et de chauffage.
Courbe de type C : Elle supporte un courant d’appel qui est de 5 à 10 fois le courant nominal. C'est cette courbe qui est généralement choisie pour l’alimentation du matériel Hifi.
Courbe de Type D : Elle supporte un courant d’appel qui est de 10 à 20 fois le courant nominal. Réservé aux applications robustes avec des courants d'appel élevés, elle pourrait convenir à des amplificateurs de forte puissance qui déclencheraient régulièrement sur courbe C.
3) La protection par fusible
Dans son principe, la protection par fusible est similaire à la protection magnéto-thermique. Elle protège elle aussi contre les courants de court-circuit, les courants d’appel et de surintensité.
Le fonctionnement repose sur l’élévation en température d’un filament métallique très fin qui se rompra dès que le courant de calibrage sera atteint (2A, 10A, 16A, etc.).
Plusieurs types de fusibles existent, à fusion lente ou à fusion rapide.
La fusion lente (slow-blow) tolère des surintensités de courte durée, comme l'appel d'un moteur ou un amplificateur, mais fond si la surintensité persiste. Il est possible de comparer la fusion lente à la courbe de déclenchement de type C d’un disjoncteur magné-thermique.
La fusion rapide (fast-blow) réagit quasi immédiatement, même aux brèves pointes, elle est comparable à la courbe de déclenchement de type B
Le désavantage du fusible, c’est que contrairement au disjoncteur qui peut être réenclenché et donc réutilisé après un court-circuit, le fusible doit être systématiquement remplacé car avec son filament fondu il n’est pas réutilisable.

Depuis novembre 2015 et selon la norme NF C 15-100, il est interdit en France d'équiper son tableau électrique de fusibles lorsqu'il s'agit d'une construction neuve ou d'une grosse rénovation.
La norme NF C 15-100 n’a toutefois pas d’effet rétroactif. Tous les logements construits avant novembre 2015 n’ont donc pas l’obligation de remplacer leurs fusibles par des disjoncteurs, sauf si les conditions de sécurité ne sont plus garanties pour assurer la protection des habitants, une mise en conformité est alors obligatoire.
La protection électrique appliquée aux lignes dédiées Hifi Home Cinéma
Comme nous venons de voir, la protection d’une ligne électrique nécessite l’usage de plusieurs éléments les uns à la suite des autres.
Le courant électrique passe donc au travers de plusieurs bobines, contacts et autres bornes de connexion, ce qui, par rapport à ce que serait une liaison idéale et directe, agit un peu comme un goulot d’étranglement qui aurait une influence plus ou moins négative sur la qualité de la restitution audio vidéo.
Quelques fabricants se sont intéressés à cette problématique et proposent des disjoncteurs et portes fusibles améliorées spécifiques à l’audio vidéo.

Ces améliorations portes principalement sur le choix des matériaux de contacts et de liaisons électriques.
Les bornes de connexion sont réalisées avec des matériaux qui opposent moins de résistivité au passage du courant et permettent donc une meilleure conductivité.
Le fil de cuivre utilisé dans les bobines et les liaisons internes est de qualité supérieur ou remplacé par du fil en argent qui est meilleur conducteur que le cuivre.
Ces notions de conductivité et de résistivité des conducteurs nous amènent au choix du câble qui fera la liaison entre le tableau électrique et la prise sur laquelle vous brancherez votre matériel audio vidéo.
Le choix du câble destiné à l’alimentation d’un système Hifi Home Cinéma
Avec une excellente conductivité électrique, le cuivre est depuis longtemps le matériau privilégié pour conduire l'électricité.
Depuis 1913, celui-ci est pris comme point de référence par IACS (International Annealed Copper Standard) pour fixer la valeur de conductivité électrique des métaux. La valeur référence IACS du cuivre est donc de 100 %, celle de l'aluminium est de 63%.

Comme nous le voyons dans le tableau ci-dessus l’argent est un matériau encore bien plus conducteur que le cuivre, sa valeur IACS est de 106% et atteint même 107% pour l'argent OCC.
Assez coûteux, l’argent est cependant davantage utilisé en plaquage sur les connecteurs ou les conducteurs de câble. Toutefois, certains produits haut de gamme présentent des contacts ou des conducteurs entièrement en argent.
Concernant les fils et câbles utilisés dans le bâtiment et pour une question de coût à la construction, ceux-ci sont souvent fabriqués à partir de cuivre techniquement pur (Tough Pitch Copper, TPC).
Techniquement, le cuivre pur est fondu et formé sous la forme d'un conducteur cylindrique, après quoi il est refroidit et le fil est étiré à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il atteigne le diamètre requis.
Toutefois et bien que techniquement pur, ce cuivre contient encore de bien trop nombreuses particules d’oxygène ainsi que d'autres impuretés pour être utilisé dans des applications nécessitant une conductivité élevée comme l’audio.
Dès 1975, période à laquelle il est devenu de plus en plus évident que la qualité du son est associée à la qualité du cuivre, de nouvelles techniques de production ont été mise en œuvre, tant pour réduire le nombre des impuretés que pour optimiser la conductivité du cuivre.
C’est ainsi qu’au Japon est apparue le cuivre OFC (Oxygen Free Copper) qui est un cuivre très pur dit sans oxygène. Caractérisé par la mention industrielle 4N signifiant pur à 99.99%, 5N équivalant à 99.999% de pureté, etc. Ce type de cuivre OFC offre une conductivité améliorée de l’ordre de 0,5 à 2% par rapport au cuivre TPC (cuivre techniquement pur).
Dix ans plus tard, en 1985, le cuivre OCC (Ohno Continuous Casting) a été développé comme son nom l'indique par le professeur Ohno de l'université de Chiba.
Le professeur Ohno est parti du constat que pour améliorer la qualité d'un conducteur et éliminer certaines impuretés, il faut restreinte au maximum le nombre de cristaux qui le composent car chacun d’eux agit comme une barrière potentielle qui limite le libre passage des électrons et donc du courant.

Certains diront que le cuivre OCC est d'une bien meilleure qualité et qu'il permet d'améliorer grandement la qualité du son en matière de clarté, de dynamisme et de transparence, tandis que les autres préféreront le cuivre OFC pour un son plus chaud et un prix plus raisonnable.

Ce tableau donne une idée des différentes qualité de cuivre en fonction de l’évolution des indices de pureté N et de la modification des structures cristallines.
Maintenant que nous avons évoqué la résistivité des conducteurs et que nous avons compris que plus ceux-ci sont travaillés et perfectionnés pour réduire les barrières de structure interne, plus la résistivité de ces conducteurs diminue, et par conséquent, plus la conductivité augmente et l’indice IACS aussi.
Il reste donc maintenant à définir la quantité de courant nécessaire au bon fonctionnement de vos équipements, et sur quelle longueur faire circuler cette quantité de courant, ce qui permettra de définir la section du conducteur.
Plus la quantité de courant à faire circuler sera élevée, plus la section des conducteurs sera également élevée. En plus vos conducteurs seront longs, et plus ils nécessiteront une section élevée pour limiter les pertes de signal.
Par exemple et pour une ensemble constitué d’un Lecteur CD de 200 Watts + un Preampli 200 Watts + un Ampli 600 Watts, nous obtenons une puissance totale de 1000 watts ou 1kW.
A partir d’une formule très simple P(W) = U(V) x I(A) ou I(A) = P(W) / U(V) ou U(V) = P(W) / I(A)
Nous obtenons 1000 Watts / 230 Volts = 4,3 Ampères
Par rapport à ce besoin de courant, la section des conducteurs est ensuite fixée par la norme C15-100
- Conducteurs de 1,5 mm² pour un courant de 10A et une P.max de 2300W
- Conducteurs de 2,5 mm² pour un courant de 16A et une P.max de 3600W
- Conducteurs de 4 mm² pour un courant de 20A et une P.max de 4600W
- Conducteurs de 6 mm² pour un courant de 32A et une P.max de 7300W
En fonction de la longueur nécessaire des conducteurs, cette norme C 15-100 demande de ne pas avoir une chute de tension supérieure à 3 % en fin de ligne, 2 % sont recommandés.

Par rapport à ce tableau et si nous considérons une section de conducteur de 1,5 mm² pour une charge de 10A, nous voyons que la chute de tension à 10 mètres est de 1,29 %, ce qui est conforme, mais que cette chute de tension atteint 2,57 % à 20 mètres ce qui n’est plus recommandable, notamment pour l’alimentation d’un système audio vidéo.
Une section insuffisante des conducteurs entraînera des pertes de tension et affectera la réactivité du système.
À l'inverse, des conducteurs d’une section supérieure absorberont plus facilement les pics de courant qui, sur certains systèmes dotés d’une grande quantité de condensateurs peuvent atteindre de 5 à 10 fois l’intensité nominal.
Dans le domaine audio vidéo et plutôt que de parler de mm², la section des conducteurs est parfois exprimée en AWG ou American Wire Gauge. C’est tout simplement le système de mesure Américain. Cette unité de mesure AWG est étroitement liée au mode de production des câbles, puisqu'elle signifie en réalité le nombre de passages à la tréfileuse, soit 20 passages à la tréfileuse pour un conducteur AWG20.

Le blindage des câbles audio vidéo est-il nécessaire ?
Comme je l’ai évoqué un peu plus haut, différentes perturbations et interférences électromagnétiques peuvent affecter le fonctionnement d’un système et cela de différentes manières souvent appelées " couplage ʺ ou " connexion électromagnétique ʺ.
1) Le couplage galvanique résulte de perturbations lorsque plusieurs éléments sont raccordés à une même alimentation électrique. Lorsqu’une variation de courant se produit au niveau de l’un des éléments, elle affecte le fonctionnement des autres éléments.
De cela résulte l’avantage de dissocier les alimentions.
2) Le couplage capacitif se manifeste quant à lui en présence deux ou plusieurs câbles dont le champ électrique généré par l’un d’eux influence les autres. Ces couplages capacitifs existent surtout en présence de signaux parasites à haute fréquence.
3) Le couplage inductif, se manifeste quant à lui en présence de champ magnétique plutôt que de champ électrique. Les couplages inductifs s'observent plutôt à de basses fréquences.
4) Le couplage par rayonnement est la dernière forme de couplage qui peut être observée. Elle n’est pas directement liée à des phénomènes de conduction ou d’induction mais plus à des phénomènes de rayonnement radio. Cette forme de rayonnement est directement observable lorsqu’une communication sans fil s’entend sur une ligne téléphonique fixe.
En réponse à cela, l’utilisation de câbles blindés contribue à limiter les conséquences négatives de ces différentes perturbations possibles.

Différents types de blindage existent, simple, double ou triple.
Les deux techniques de blindage les plus courantes sont le blindage par tresse de cuivre ou d’argent et celui par film ou feuille d’aluminium ou de cuivre.
- Le blindage par une tresse est surtout efficace pour les basses fréquences.
- Le blindage par film protège bien contre les champs à haute fréquence et présente un champ de couverture de surface plus élevé.
Un champ de couverture plus élevé signifie un meilleur blindage. Un taux de couverture d'au moins 75 à 80 % est considéré comme raisonnable.
Un double blindage consiste à associer ces deux techniques. Un film de cuivre ou d’aluminium entoure les conducteurs. Une tresse de cuivre ou d’argent entoure ensuite le blindage par film.
Le blindage de " Reussen ʺ est quant à lui constitué de deux blindages tressés dont les spirales sont enroulées dans des directions opposées de sorte que les brins des couches forment un angle de 90° les uns par rapport aux autres.
Le choix d’un câble dépend donc d’un ensemble de critères, normatif et réglementaire en ce qui concerne sa longueur et la quantité de courant qu’il doit transporter. Mais aussi par rapport à son environnement et le blindage qui sera choisi en conséquence.

Choix d’un prise murale dédiée Hifi Home Cinéma
Nous voici arrivé à l’endroit où votre système Hifi Home Cinéma sera branché… la prise de courant.
Afin de réduire les risques de faux contacts liés à l’utilisation de prises de courant bon marché et maintenant presque toujours munis de connecteurs " Snap In ʺ, (connecteur rapide encliquetable dont la pression de contact est moindre par rapport à un connecteur à vis), les fabricants ont fait comme pour les disjoncteurs et les portes fusibles, ils se sont penchés sur le problème tant pour fiabiliser la connectique que pour améliorer la conductivité des matériaux utilisés.
Les prises murales audiophiles offrent donc des qualités de contacts bien supérieures à une simple prise traditionnelle. La pression du ressort de contact est augmentée, les contacts sont à vis et assurent un meilleur comportement à faible résonance. Les alliages de contacts sont en cuivre pur ensuite plaqué or, argent ou rhodium, ce qui contribue le plus souvent à une amélioration du son.
La prise " Schuko ʺ est le standard couramment dans le milieu audiophile. Normalisée en Allemagne, la prise murale schuko permet de recevoir la fiche dans un sens ou dans l’autre et cela tout en assurant une parfaite continuité de la terre.

Contrairement à l’utilisation de prises " française ʺ, l’utilisation de prises et de fiches schuko permet de connecter la fiche à la prise, aussi bien dans un sens que dans l’autre, ce qui s’avère pratique lorsqu’il y a nécessité de " phaser ʺ l’ensemble des éléments d’une même installation.

Matériels et détails qui font la différence
Les détails font la différence, une expression que vous avez déjà certainement entendu, mais qui résume à elle seule les fondements de la haute fidélité.
Le soin du détail audio vidéo est confié à l'électronique, qui a besoin d'une alimentation électrique de qualité pour fonctionner efficacement.
Comme nous l’avons vu, considérer cela consiste à prendre soin d’un grand nombre de détails :
- Protéger les utilisateurs et le matériel des dangers électriques
- Améliorer l’écoute en luttant contre contre les interférences parasites.
- Choisir des conducteurs de qualité et de section adaptée.
- Poser et câbler ce matériel dans les règles de l’art.

En fonction du câble, monobrin ou multibrins, des embouts de câblage seront utilisés. Ici des embout Viablue plaqué or qui , outre le fait d’éviter que des brins cassent au serrage et viennent ensuite créer un court circuit, ils permettent un meilleur serrage ainsi qu’une meilleur répartition de la conductivité électrique sur le totale circonférence du conducteur.
J'espère que cet article vous donnera une meilleure idée de ce qui se cache derrière votre prise.
Et si vous souhaitez en installer une ou l'intégrer à vos projets lors de vos prochains travaux, n'hésitez à me contacter https://www.help-multiservices.fr/services/integration-hifi-home-cinema/
Commentaires récents